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Instructions pour l'observation de la migration des oiseaux par nuit de pleine lune

Informations générales

Environ deux tiers des oiseaux migrateurs traversent notre pays la nuit. Ils volent à de tels hauteurs que nous ne les remarquons en général pas, et seul un observateur attentif arrive quelques fois à entendre les cris de différentes espèces. Si, de nuit, on observe le disque lumineux de la pleine lune, on peut, au printemps ou en automne, voir de temps à autre passer un oiseau. Déjà au 19ème siècle de telles observations ont menées aux premières spéculations sur la migration nocturne. Il est évident que le nombre d'oiseaux que l'on voit passer devant la lune au cours d'un certain lapse de temps est lié à l'intensité de la migration à ce moment-là. Mais il dépend également de la répartition altitudinale des oiseaux, de leur visibilité en fonction de la distance et de la position de la lune. Grâce à des comparaisons directes entre des observations au radar et devant la pleine lune, nous savons aujourd'hui qu'avec un bon téléscope (grossissant 30 fois) la plupart des petits oiseaux sont visibles jusqu'à 2 km. Après des dizaines d'années d'études de la migration au radar, nous avons aujourd'hui d'assez bonnes connaissances de la répartition altidudinale des oiseaux et de la manière dont elle dépend du vent.

L'étude de la migration dans les Alpes était un point central du programme de recherche de la Station ornithologique pendant les années '80. Les directions de la migration dans différentes régions (sud de l'Allemagne, Plateau suisse, bordure des Alpes, cols alpins), ainsi que leurs modifications en fonction du vent, de l'altitude, de l'espèce ou du groupe d'oiseau concerné, ont été présentées dans plusieurs publications (résumé dans la brochure sur la migration de 1988). Les directions observées permettent de conclure que, surtout en automne, les oiseaux traversant les Alpes sont plutôt peu nombreux par rapport à ceux migrant parallèlement au Jura et aux Alpes. Il n'a pourtant pas été possible de prouver cela de manière quantitative au moyen de radars de conduite de tir, en effet plusieurs stations au nord et au sud des Alpes seraient nécessaires (coûts disproportionnés) et les résultats dépendraient fortement de l'emplacement choisi. Il s'agit maintenant de conclure l'étude de la migration dans les Alpes à coûts raisonnables et de faire une synthèse des résultats.

Par des observations sur le disque lunaire, nous aimerions obtenir simultanément des informations sur l'intensité et la direction de la migration au nord et au sud des Alpes. Connaissant les modifications des directions et des concentrations de migrateurs au nord des Alpes en fonction du vent, nous assumons que par vent d'ouest, l'intensité de la migration devrait augmenter également dans les vallées du sud des Alpes, alors que par vent d'est, la migration devrait surtout se dérouler parallèlement aux Alpes.

Méthode

Lieu d'observation

En principe il est possible d'observer les oiseaux migrer devant la pleine lune à tout endroit qui assure une bonne vue sur la lune pendant la période d'observation entière. Sur les feuilles de protocole A on note les degrés de latitude et longitude (en Suisse les coordonnées des cartes nationales suffisent) et l'altitude (en mètres) du lieu d'observation , ainsi que des données générales sur la région.

Matériel

Matériel
Téléscope grossissant 20 à 30 fois (30 fois est idéal).
Avec un grossissement plus important la lune occupe trop de place dans le champs de
vision et les oiseaux traversant le bord du disque échappent plus facilement à l'attention de l'observateur.
Un pied stable pour le téléscope est indispensable pour suivre la trajectoire de la lune.
Il faut également une montre pour lire l'heure locale et évaluer la durée de l'observation, de quoi écrire et un protocole d'observation (distribué par la Station ornithologique).

Personnel

Pour mener les observations de manière consciencieuse il faut 2 personnes. On peut ainsi observer et prendre des notes tour à tour. Si vous ne trouvez personne pour vous accompagner, vous pouvez vous enregistrer sur un dictaphone et transcrire vos données par la suite sur les protocoles d'observation.

Période d'observation

Les observations doivent avoir lieu pendant les nuits autour de la pleine lune, c'est-à-dire ±3 jours. Pour garantir des résultats comparables, il est important que tout le monde observe en même temps. Choisissez vos intervalles d'observation quand la lune se trouve à plus de 15° au-dessus de l’horizon (env. 30 minutes après le lever de la lune), sinon les estimations des directions de vol deviennent trop imprécis. L'observateur devrait être remplacé toutes les 10 minutes, pour éviter que ses yeux ne se fatiguent trop. Il est possible de regarder moins longtemps, mais il faut alors veiller à noter la durée exacte de l'observation. Des pauses régulières (5 min., surtout pour les observateurs seuls) aident à rester concentré lors d'observations prolongées (plusieurs heures). La durée d'observation réelle devrait comprendre au moins 30 minutes par soir (3x10 min.).

Relevé des donées

Pour les données résultant de l'observation, deux protocoles différents sont prévus. Sur le protocole A on note toutes les données relatives à une nuit d'observation: lieu (latitude et longitude en degrés et minutes), date et durée de l'observation (début et fin), données météorologiques et télescope employé. Les intervalles d'observation d'une nuit sont numérotés à la file (pour chaque nuit d'observation on commence par 1). Il faut également noter l'heure locale du début et de la fin de chaque intervalle d'observation, ainsi que des remarques à ce propos (p.ex. interruption de l'observation ou passage de nuages).

Sur les protocoles B on note toutes les données relatives aux oiseaux observés devant le disque lunaire. Pendant qu'une personne observe constamment la lune, l'autre note pour chaque oiseau traversant le disque, le numéro de l'intervalle d'observation en cours, l'heure actuelle (à la minute près), la direction de vol et la catégorie de taille de l'oiseau (voir ci-dessous). Tandis que l'observateur indique la direction et la taille, celui qui rédige le protocole note l'heure. Le disque lunaire ne devant jamais être quitté des yeux, l'observateur seul doit renoncer à l'indication de l'heure.

Pour éviter toute confusion, il est important de noter le lieu et la date également sur les protocoles B et de les annexer au protocole A correspondant.
Richtung Déterminer la direction: Les informations sur la direction de vol de l'oiseau sont notées par rapport à un cadran de montre fictif. Ainsi 12 heures signifie en haut, 3 heures à droite, 6 heures en bas et 9 heures à gauche dans le télescope. Il faudrait si possible indiquer "l'heure" à laquelle l'oiseau apparaît devant le disque de la lune ainsi que "l'heure" à laquelle il le quitte (9-3 signifie par exemple de gauche à droite en passant par le milieu, 10-2 également de gauche à droite mais au-dessus du milieu etc.). Un petit oiseau, volant à grande distance, n'est souvent aperçu qu'au milieu de la lune. Il est alors possible d'estimer le premier chiffre à posteriori, en estimant la trajectoire de vol, grâce à la direction dans laquelle l'oiseau est sorti du disque lunaire.
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Déterminer la taille:

La taille des oiseaux observés est comparée à la dimension du cratère le plus visible (cf. figure). Il s'agit d'une classification en 7 catégories de tailles. L'expérience montre cependant que 90% des oiseaux observés sont classifiés dans les catégories 1 et 4.

1 apparaît comme un point - beaucoup plus petit que le cratère
2 environ un quart de la dimension du cratère - on reconnaît la silhouette d’un oiseau
3 environ la moitié de la dimension du cratère
4 dans le même ordre de grandeur que le cratère
5 environ deux fois plus grand que le cratère
6 environ 4 fois plus grand que le cratère
7 presque aussi grand que la moitié de la pleine lune ou plus

Il est important de noter une catégorie de taille. Nous sommes conscient qu'il s'agit seulement d'une estimation, mais une valeur approximative de la taille est toujours mieux que rien.

©2007 Schweizerische Vogelwarte